Madjiliss du Cœur : se mobiliser pour sauver des enfants de l'Océan Indien


05 septembre 2026

Le Madjiliss du Cœur est une mobilisation solidaire organisée à La Réunion pour venir en aide à des enfants des Comores et de Madagascar atteints de graves malformations cardiaques.

À travers cette interview, découvrez comment ce projet est né, l’urgence de la situation et l’engagement des associations, des familles d’accueil et des bénévoles pour offrir à ces enfants une chance d’être soignés et de vivre.

Pouvez-vous nous présenter le projet « Madjiliss du Cœur » et nous expliquer comment cette initiative est née ?

C’est très simple. Tout est parti d’une invitation concernant l’association réunionnaise Au Cœur de l’Océan Indien, qui s’est rendue aux Comores. Au cours des consultations réalisées sur place, des enfants atteints de malformations cardiaques ont été détectés. Ils doivent être opérés dans les meilleurs délais, au risque de voir leur pronostic vital engagé.

La principale demande qui nous a été faite était de trouver des familles d’accueil acceptant d’héberger et d’accompagner ces enfants durant leur période d’hospitalisation, qui n’excède généralement pas deux mois.

Au-delà de cet appel, plusieurs propositions ont été faites : du porte-à-porte pour collecter des fonds, l’organisation d’un concert et, enfin, celle d’un Madjiliss.

Personnellement, j’ai opté pour le Madjiliss. Cela m’a permis de me rendre dans les mosquées chaféites de La Réunion afin de sensibiliser les hommes et les femmes. De fil en aiguille, le projet a pris forme malgré certaines réticences et je peux dire qu’aujourd’hui, l’objectif est atteint.

Mon épouse et moi avons été les premiers à proposer notre disponibilité en tant que famille d’accueil. Aujourd’hui, nous sommes au moins cinq familles.

Derrière le message « 50 petits cœurs à sauver », quelle est concrètement la situation de ces enfants ?

En réalité, parmi ces 50 enfants, ceux de Madagascar sont également concernés. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à chaque consultation, de nouveaux cas sont détectés et, malheureusement, il en sera ainsi jusqu’au jour où les Comores seront en mesure de prendre en charge ces pathologies spécifiques.

Pourquoi est-il aujourd’hui urgent de se mobiliser pour ces 50 enfants en attente de soins ?

C’est très simple : soit ils sont pris en charge et opérés, soit ils risquent de mourir.

Lorsqu’il s’agit du cœur, le temps est déterminant. Si ces enfants ne sont pas soignés dans les meilleurs délais, leur pronostic vital peut être engagé à court terme.

Quel rôle jouent les associations Au Cœur de l’Océan Indien et MAEECHA dans l’accompagnement de ces enfants et de leurs familles ?

L’association Au Cœur de l’Océan Indien (ACOI) est porteuse de ce noble projet.

MAEECHA assure la coordination sur place, aux Comores, avec les familles : démarches administratives, facilitation de l’obtention des visas, mais aussi coordination avec le corps médical sur les trois îles.

Il ne faut pas oublier La Ribambelle, basée à Marseille, qui reste à ce jour un financeur majeur du projet.

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À quoi serviront concrètement les dons récoltés grâce à la collecte en ligne et au Madjiliss du Cœur ?

Comme vous le savez, les associations vivent en grande partie grâce aux dons qui leur sont versés, et ACOI n’échappe pas à cette règle.

À titre d’exemple, Air Austral participe à hauteur de 300 euros par enfant venant se faire soigner à La Réunion.

Il faut également prendre en compte les frais liés à l’hospitalisation au CHU de Bellepierre, notamment dans un milieu médical spécialisé. Je n’oublie pas non plus l’Ambassade de France pour la facilitation des visas, ainsi que les différentes institutions publiques et privées qui apportent leur soutien et que je ne peux malheureusement pas toutes citer.

Les dons serviront notamment à soutenir les familles d’accueil, mais aussi certains enfants après leur retour, lorsque leurs parents se trouvent dans une situation précaire.

Pourquoi avoir choisi d’organiser le Madjiliss du Cœur à La Réunion et de réunir la population autour de cette cause ?

La première sollicitation est venue d’une association réunionnaise et nous, qui nous mobilisons derrière ce projet, vivons également sur place.

Après le 12 septembre, nous réfléchissons à porter ce projet aux Comores, en France métropolitaine et, pourquoi pas, au-delà.

Que va-t-il se passer lors de la journée du samedi 12 septembre 2026 au Centre Iman Shafi à Saint-Denis ?

C’est une surprise !

Venez nombreux et vous serez agréablement surpris.

Au-delà des dons financiers, de quelles autres formes de soutien avez-vous besoin : bénévoles, partenaires, entreprises, professionnels de santé, associations ?

Nous avons besoin du soutien de tout le monde : de la diaspora, de bénévoles de tous horizons, des entreprises, ainsi que des institutions nationales et internationales.

Notre combat a commencé avec les enfants atteints de problèmes cardiaques, mais nous ne comptons pas en rester là.

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Pour une personne qui hésite à donner parce qu’elle pense qu’un petit don ne changera pas grand-chose, que souhaiteriez-vous lui dire ?

Pour sauver un bébé que j’appelais affectueusement « Bébé d’Anjouan », l’association Au Cœur de l’Océan Indien avait besoin de 2 000 euros pour boucler le budget nécessaire à sa venue. Sans cette prise en charge, on ne lui donnait pas plus de deux mois à vivre.

J’ai lancé un appel à la mosquée chaféite de Saint-Denis et, en moins de dix jours, nous avons réussi à collecter les 2 000 euros.

Chacun a donné selon ses moyens, de 5 à 100 euros. Tout cela pour dire que même 1 euro peut contribuer à sauver une vie.

Je lance donc un appel à ma communauté, et principalement à celle de La Réunion. Lorsque l’ACOI est venue nous voir, elle n’a pas fait de distinction selon l’origine des enfants. Elle nous a simplement parlé d’enfants comoriens ayant besoin d’aide.

Alors, soyons unis autour de cette noble cause.

Je lance un vibrant appel à toutes celles et ceux, de tous horizons, pour soutenir aujourd’hui et demain ce combat pour la vie et pour la génération de demain. Il suffit parfois d’un tout petit geste pour contribuer à sauver une vie.

Que le Tout-Puissant vous bénisse, incha’Allah.

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