Comores : Reprise des liaisons maritimes entre Comores et Madagascar

En octobre 2024, Madagascar a brusquement suspendu ses liaisons maritimes avec les Comores, invoquant officiellement des raisons sanitaires. Le gouvernement malgache souhaitait ainsi se prémunir contre une résurgence du choléra détectée dans l’archipel comorien. Cette décision, bien que présentée comme préventive, a rapidement pris une tournure diplomatique tendue.

Les autorités comoriennes, appuyées par certains experts sanitaires, ont dénoncé une mesure excessive, soulignant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’avait pas émis d’alerte internationale justifiant une telle suspension. Mais derrière cette justification sanitaire, un autre sujet, bien plus sensible, semble avoir alimenté la crispation entre les deux États : le trafic illégal d’or.

Le scandale du trafic d’or entre les deux pays
Plusieurs enquêtes ont mis en lumière un réseau de contrebande impliquant le transit de quantités importantes d’or entre Madagascar et les Comores, souvent en direction de pays du Golfe. Ce trafic, qui s’appuierait notamment sur des circuits maritimes non contrôlés, a provoqué une réaction ferme des autorités malgaches, soucieuses de mieux surveiller leurs ressources et leurs frontières.

Des arrestations et des saisies d’or ont été signalées dans les mois précédant la suspension des liaisons, ce qui laisse penser que cette dernière aurait également visé à désorganiser ces circuits illégaux. Certains analystes estiment que la décision de Tananarive mêlait à la fois prévention sanitaire et volonté de lutte contre l’exploitation illicite de ses ressources naturelles.

Un apaisement progressif
En mars 2025, la situation sanitaire aux Comores s’est améliorée grâce à une large campagne de vaccination et une absence prolongée de nouveaux cas de choléra. Madagascar a alors levé partiellement la suspension des liaisons maritimes. Toutefois, les discussions sur les enjeux sécuritaires, notamment ceux liés à la contrebande d’or, restent en cours dans le cadre de pourparlers bilatéraux plus larges.

La reprise des échanges maritimes ne signifie donc pas un retour complet à la normale. Les deux pays doivent encore rétablir une confiance durable, fondée sur une meilleure coopération douanière et sécuritaire.